Crash Tupolev-154 Caspian Airlines : Les boîtes noires retrouvées / La nationalité des victimes communiquées

    Les boîtes noires du Tupolev-154 de la compagnie iranienne Caspian Airlines, qui s’est écrasé mercredi dans le nord de l’Iran, faisant 168 morts, ont été retrouvées, a rapporté jeudi l’agence officielle Irna.

    “Les systèmes d’enregistrement et de conduite de l’avion ont été retrouvés (…), nos experts sont actuellement en train d’examiner les moyens d’exploiter ces deux boîtes noires pour connaître les raisons du crash de l’avion”, a déclaré Ahmad Majidi, responsable de l’unité de crise du ministère des Transports, mise en place après l’accident.

    Le Tupolev, qui effectuait la liaison Téhéran-Erevan, s’est écrasé dans un champ du nord de l’Iran.Selon les autorités iraniennes, un incendie s’est produit sur l’avion qui s’est ensuite écrasé et a explosé. Les télévisions ont montré des images d’un cratère de plusieurs mètres dans le sol, jonché de débris de l’appareil, de chaussures et de vêtements.

    Les 153 passagers et 15 membres d’équipage à bord de l’appareil de fabrication russe qui s’est écrasé dans la région de Qazvin sont morts, a déclaré Mohammad Reza Montazer Khorassan, responsable chargé des situations de catastrophe, selon le site internet de la télévision d’Etat.

    Le directeur-adjoint de l’Aviation civile arménienne, Arsen Pogossian, a précisé à Erevan que 147 de ces passagers étaient Iraniens, dont 31 d’origine arménienne. Il y avait également quatre Arméniens et deux Géorgiens. Deux des membres d’équipage étaient aussi arméniens, a-t-il ajouté.

    “L’avion a décollé à 11H33 (07H03 GMT) de l’aéroport Imam Khomeiny de Téhéran et s’est écrasé 16 minutes après”, à 11H49 (07H19 GMT), près du village de Janat-Abad, a dit Reza Jafarzadeh, porte-parole de l’Aviation civile iranienne. Il n’a pas précisé les causes de l’accident mais, selon le colonel Kakhbaz, l’adjoint du chef de la police de Qazvin, citant des témoins, “l’avion a pris feu dans le ciel avant de s’écraser et d’exploser”. Avant de tomber, “l’avion a fait plusieurs tours dans le ciel pour tenter de trouver un terrain pour atterrir”, a-t-il ajouté.

    Cité par l’agence Mehr, le vice-gouverneur de la province, Faramarz Sarvi, indiquant qu’il s’agissait d’un Tupolev 154 –un tri-réacteur moyen-courrier–, a souligné que le pilote avait essayé “d’éviter les zones d’habitation”. “Avant de toucher terre, une partie de l’avion était en feu”, a-t-il dit. “Le moteur gauche de l’avion avait pris feu”, a également rapporté un témoin cité par le site internet de la télévision d’Etat. A Erevan, M. Pogossian a aussi évoqué un moteur en feu.

    D’après une journaliste de l’AFP sur place, la police empêchait villageois et curieux de s’approcher du site de l’accident. “L’avion a été complètement détruit et est en petits morceaux”, a expliqué le colonel Massoud Jafari-Nassab, chef de la police de la province de Qazvin. Selon l’agence Isna, les membres de l’équipe junior nationale iranienne de judo se trouvaient à bord.

    Le président Mahmoud Ahmadinejad a présenté ses condoléances au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, aux familles des victimes et au peuple iranien, selon Isna. Il a également ordonné “une enquête rapide”.

    A l’aéroport d’Erevan, une trentaine de proches des victimes ont afflué, en larmes, à l’annonce de la catastrophe, a constaté une journaliste de l’AFP. “On m’a dit que l’avion s’était écrasé, que tout le monde était mort”, a raconté Tina Carapetian, une Iranienne d’origine arménienne dont la soeur se trouvait à bord, avec deux garçons de six et 11 ans.

    Fondée en 1992, la Caspian Airlines effectue, selon son site internet, une cinquantaine de rotations régulières hebdomadaires à l’international, vers la Hongrie, les Emirats arabes unies, l’Ukraine ou encore la Turquie.

    L’Iran a connu plusieurs catastrophes aériennes au cours des 10 dernières années mais celle de mercredi est l’une des plus graves.

    Sa flotte aérienne civile et militaire est dans un état critique du fait de sa vétusté et de son manque d’entretien, une conséquence des sanctions imposées par les Etats-Unis dans les années 1980, après la révolution islamique et la prise d’otages dans l’ambassade américaine à Téhéran.

    AFP