Convention médicale : Le texte signé est « gagnant-gagnant » selon les parties

L’assurance maladie et les syndicats de médecins libéraux majoritaires se sont félicités de la nouvelle convention qu’ils ont signée formellement mardi après des mois de négociations.

« Un accord gagnant-gagnant » pour la Sécu, les médecins traitants et les patients, les trois parties signataires de la convention médicale qui régira les relations médecins-Sécu pour les cinq prochaines années. Ce texte de 260 pages généralise notamment des hausses d’honoraires pour des spécialistes, les primes à la performance pour les médecins sur la base de certains objectifs et l’aide à l’installation dans les déserts médicaux.

Les relations entre médecins libéraux et Sécu étant traditionnellement orageuses, Frédéric van Roekeghem, directeur de l’Union des Caisses d’assurance maladie (UNCAM) a fait part à la presse de sa satisfaction quant à l’accord – vivement souhaité par l’Élysée – avec des organisations représentant près de 80% des médecins libéraux. Seule la voix des associations de patients tranche dans ce panorama de consensus général.

301M d’euros pour l’assurance maladie

Selon Frédéric van Roekeghem, l’accord coûtera assez peu à l’assurance maladie au début : 301Md’euros à partir de 2013 lorsque toutes les mesures seront appliquées, soit 3% des dépenses pour la médecine de ville. Une estimation revue à la baisse par rapport à ce qui avait été suggéré la veille. Cette somme prend en compte la participation – plutôt élevée- de 45.000 médecins au dispositif, qui sera étendu par la suite à des spécialistes.

« Nous espérons que ça va rapporter en termes de santé publique et pour l’assurance maladie par l’optimisation des prescriptions » des médecins, a ajouté Frédéric van Roekeghem. De son côté, Michel Chassang, président de la CSMF, le premier syndicat de médecins libéraux, a jugé que c’était « le type même d’accord gagnant-gagnant où tout le monde s’y retrouve. On va tirer le système de santé vers le haut ».

Le secteur optionnel en suspens

La convention prévoit aussi la création d’un secteur optionnel pour les spécialistes de bloc opératoire afin de réduire les dépassements d’honoraires mais les praticiens concernés n’ont pas signé le texte. Les spécialistes qui choisiraient le secteur optionnel limiteraient en effet leurs dépassements que les complémentaires santé prendraient en charge en contrepartie. L’Unocam représentant les complémentaires attend cependant des garanties du gouvernement avant de s’engager. De plus, le principal syndicat de ces spécialistes, Le Bloc, a indiqué dans un communiqué qu’il envisageait « un grand mouvement de contestation cet automne ».

(Avec AFP)