Contrats d’assurances-vie non réclamés : « Il est temps que les assureurs prennent les choses au sérieux »

    Peu à peu, les contrats d’assurance-vie en déshérence sortent de l’ombre. News-assurances.com en parlait déjà au mois de février avec une interview du médiateur de la république à ce sujet. Depuis quelques jours, les choses s’accélèrent et nous avons recueilli le témoignage d’un expert dans la recherche des bénéficiaires de ces contrats « oubliés ».

    « Pour le grand public, c’est comparable à l’ouverture d’une loterie » s’exclame Didier Rauch, président directeur général du Groupe Avera dont une filiale, est spécialisée dans la recherche des bénéficiaires de contrats d’assurance-vie.

    « La demande parlementaire pour la création d’une commission d’enquête est une bonne chose, même si elle arrive un peu tard et qu’elle fait l’effet d’une bombe pour le grand public. Il existait une loi depuis décembre 2007 imposant aux assureurs de mener les recherches pour retrouver les bénéficiaires des contrats d’assurance-vie non réclamés, les assureurs auraient du s’en soucier bien avant, nous n’en serions pas là. Il est temps qu’ils prennent les choses en main » explique Didier Rauch.

    La demande par Philippe Houillon, député UMP du Val d’Oise, de la création d’une enquête parlementaire « sur les contrats d’assurance-vie en déshérence » provoque un vif émoi depuis qu’elle a été rendue publique le 22 mai par Le Parisien / Aujourd’hui en France.
    « Avec le nombre de contrats signés depuis les 50 dernières années, et parce que le bénéficiaire peut-être toute personne physique ou morale, héritière ou non, tout le monde est concerné » ajoute Didier Rauch.

    Logiquement, la filiale d’Avera reçoit chaque jour de nombreuses demandes d’enquêtes mais « les demandes nous sont adressées par des bénéficiaires et non par les compagnies d’assurance. Dans notre position, nous devons rester très diplomatiques avec les compagnies d’assurance et on ne peut pas les harceler, ce sont nos clients » précise François-Xavier du Besset, consultant pour news-assurances.com et enquêteur professionnel sur ce sujet.

    « Nous sommes tout de même déçus que les compagnies n’aient pas bougé avant. Avec la crise financière, le manque de confiance dans les institutions bancaires, ce sont maintenant les assureurs qui vont subir cette crise de confiance. Il y a eu deux étapes, en 2005 et en 2007 qui ont été ratées » conclut M. Rauch.