Spécial CSCA / D.Sizes : “Notre problématique est simple, nous manquons d’adhérents”

Dominique Sizes, président de la CSCA, Chambre Syndicale des Courtiers d’Assurances, répond aux questions de News Assurances Pro.

A l’approche du Congrès de la CSCA, jeudi 27 juin, que vous disent vos adhérents de l’état du marché du courtage?

Les courtiers se sont maintenant habitués depuis une dizaine d’année à ce “soft market”, un peu paradoxal où les assureurs vont assez bien et où la crise vient plutôt des entreprises. Ces clients, surtout les PME, souffrent évidement et cela a un impact sur les assurances dommages, de personnes ou encore de crédit. Mais le problème principal tient plutôt aux assureurs qui ont tendance à ne pas prendre assez de risques en allant vers les risques d’entreprise notamment.

Allianz et Axa gèrent majoritairement du risque de particuliers. Pour certains risques, nous sommes obligés d’aller chercher des couvertures spécifiques sur les marchés étrangers, principalement les Llyod’s, et cela même parfois pour un petit commerce comme une bijouterie de province.

La pression vient-elle des changements réglementaires pour la profession?

Nous avons été très soulagés par la décision du Conseil constitutionnel d’annuler l’article 1 de la loi sur la sécurisation de l’emploi et ses clauses de désignation qui limitaient la concurrence avec les IP. Mais le transfert de l’individuel vers le collectif va, tout de même, faire très mal. Parmi nos 8.000 courtiers, 7.800 d’entre eux sont de très petits courtiers de proximité, qui s’occupaient de complémentaires santé individuelles et qui seront mis en danger par la globalisation du marché.

Par ailleurs, il reste des incertitudes sur le projet de loi Duflot sur le logement, présenté en Conseil des ministres, mercredi 26 juin. Nous craignons que l’extension de la garantie des loyers impayés se fasse sur la base d’une taxe ou d’un fonds et non sur la base assurantielle. Cela serait dommageable pour beaucoup de courtiers spécialisés en immobilier et d’autres départements de courtage. Mais les discussions sont ouvertes au cabinet de la ministre.

Ce qui n’était pas le cas lors des discussions sur la transposition de l’ANI, ni actuellement avec la loi Hamon. Là, nous nous cognons à un certain dogmatisme. Tout le monde reconnaît que la résiliation à tout moment va entraîner pour les assureurs une hausse des coûts de gestion, de personnel ou encore financier par les exigences de solvabilité. Cela va peser automatiquement à la hausse sur les primes. Les courtiers pourraient, certes, en profiter pour leurs rémunérations mais ils devront certainement l’amortir sur leurs marges.

Quels sont les objectifs de la CSCA pour être plus entendue auprès des institutions?

Notre problématique est simple: nous manquons d’adhérents. Pour rendre notre travail plus visible, nous allons optimiser notre organisation. Les syndicats individuels vont disparaître. Les adhérents se retrouveront dans des chambres régionales (CSCA Nord, CSCA Île-de-France, CSCA Méditerranée….) ou dans des chambres catégorielles (courtiers grossistes par exemple, représentés par le Syndicat 10). Il n’y aura plus qu’un seul guichet par région, ce qui facilitera grandement le dialogue avec les instituions. En outre,nous allons rechercher une mutualisation des moyens et des budgets entre syndicats.