Chronique : Quelles perspectives 2018 pour les assureurs en Europe ?

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Les assureurs européens devraient faire face à des défis de plus en plus prononcés en 2018. Les assureurs Vie doivent continuer à adapter leur modèle à l’environnement de taux d’intérêts bas.

Pour gérer leur portefeuille existant, ils devront prendre des mesures en ligne avec celles des années passées : baisse continue des taux servis, renforcement des réserves de prudence et contrôle de l’écart de duration entre les actifs et les passifs. Nous prévoyons également qu’ils doivent davantage recourir à la réassurance pour les risques dont la charge en capitaux propres est élevée, ainsi qu’à des stratégies de couvertures.

Nous pensons que les assureurs Vie offriront encore davantage de produits qui préservent leurs marges : taux garantis à 0% et frais de gestion accrus pour les supports en euros, développement soutenu des offres en unités de compte sont à prévoir dans la plupart des marchés.

Face à des rendements financiers amoindris, les assureurs Non-Vie devront maintenir leur discipline de souscription dans un environnement toujours compétitif. Hors sinistralité catastrophique exceptionnelle, nous estimons que le ratio combiné 2018 se situera en moyenne autour de 95%, avec des exceptions pour la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, où le ratio sera sans doute plus proche de 100%. Nous n’anticipons pas de hausse tarifaire structurelle et pensons par ailleurs que les assureurs continueront de saisir les opportunités de réduction des coûts de fonctionnement et de distribution pour préserver leur résultat.

En 2018, les acteurs devront par ailleurs s’adapter à plusieurs nouvelles réglementations : Directive sur la distribution des produits d’assurances, Règlement relatif aux produits d’investissement packagés de détail et fondés sur l’assurance, Règlement relatif à la protection des données et enfin, Directive pour la sécurité des réseaux et des systèmes d’informations. Des réglementations supplémentaires s’appliqueront aussi à l’échelle nationale selon les pays.

De plus, la digitalisation, le « Big Data » et l’émergence des « insurtech » bousculent les modes opératoires des acteurs, qui voient leur chaîne de valeur traditionnelle remise en question. À court terme, ces évolutions technologiques ne sont pas encore décisives pour nos notations, mais pourraient le devenir à plus long terme, notamment pour les acteurs qui ne parviendraient pas à s’adapter. À titre d’exemple, les cyber-risques représentent à la fois un risque mais aussi une opportunité.

Enfin, nous anticipons que les décisions des assureurs seront de plus en plus influencées par les risques liés au changement climatique.

Malgré cet environnement en constante évolution, nous notons la plupart des entités en Europe dans la catégorie « A », et la plupart de ces notes sont assorties d’une perspective stable.

Simon Virmaux
Analyste Crédit
S&P Global Ratings