Chronique : L’IoT, réel enjeu pour le marché de l’assurance

La présence de l’IoT dans l’univers des services progresse et le marché de l’assurance s’en voit impacté.

L’Internet des Objets (IoT) est en passe de devenir une réalité de masse, apportant la connectivité au-delà des traditionnels terminaux – ordinateurs et smartphones – qui relient les individus au réseau.
Si les ventes restent à ce jour encore modestes, (1,2 millions de wearables -220 millions d’euros- et 128 millions d’euros de produits vendus autour de la maison connectée en 2015, quand 3,6 milliards d’euros sont dépensés pour s’acheter des smartphones, selon l’institut GfK), l’IoT est bien présent au cœur de l’innovation technologique, au milieu des robots et autres casques de réalité virtuelle.

Nous entrons dans une ère où la connectivité se fait diffuse et permanente, à la fois invisible et évidente, connectant non plus seulement des individus mais aussi leur environnement. Avec l’IoT, nos objets du quotidien vont capter des informations et les communiquer de façon automatisée. Les technologies actuelles permettent déjà de faire transiter et de traiter ces grandes masses de données.

L’assurance en trois dimensions

Le marché de l’assurance est l’un des plus impactés par cette généralisation de la connectivité à toute chose. En effet, la donnée est au cœur du produit d’assurance et de sa tarification. L’IoT vient, de fait, réviser trois dimensions de ce marché.

Une tarification à l’usage. L’objet connecté permet de suivre avec facilité un compteur ou une serrure connectés et, en automatisant la remontée d’informations, rend possible de nouveaux contrats autour du pay as you des assurances des biens. Si l’assurance automobile dont le coût varie en fonction de l’intensité d’usage existe déjà, la police habitat qui change de caractéristique si votre résidence est occupée ou vide reste à inventer tout comme l’assurance de personne qui s’active lors de certaines situations (le risque dépendance lorsque je skie par exemple).

Une diminution de l’anti-sélection en limitant l’asymétrie d’information. L’assureur qui n’arrivait pas à appréhender le risque réel dans sa tarification peut à présent s’appuyer sur des relevés d’usage automatisés pour mieux connaître son assuré et lui proposer un prix plus juste.
Au-delà de l’examen clinique qui relève un état de santé, l’hygiène de vie, prédictive de tant de risque de santé, peut de mieux en mieux se lire. Certains assurés pourraient trouver un intérêt à dévoiler leur pratique sportive, nutritive ou de sommeil pour s’ouvrir l’opportunité de meilleurs tarifs. Ce pay how ou assurance comportementale, aux possibilités démultipliées par ces objets, permet de micro-segmenter les risques, au risque d’ailleurs de la démutualisation.

Une diminution de l’aléa moral. Une fois équipé, le client peut être financièrement intéressé à limiter ses risques en suivant ses comportements exposés par les capteurs. L’automobile connectée captant la nervosité de conduite, l’assuré peut se voir proposer des remises et bonus contre un comportement vertueux, au-delà même de sa sinistralité.
Enfin, l’IoT a un intérêt dans tout le champ de la prestation. L’univers de services à distance qu’ouvre l’Internet des objets laisse les « assisteurs » imaginer suivre en continu des clients pour porter une assistance plus pertinente et plus personnalisée.

Quentin Bardet DG adjoint de Novedia, agence digitale de VISEO