Brexit : Dublin critique la concurrence déloyale entre Etats pour attirer les candidats au départ

L’Irlande a exprimé ses inquiétudes auprès de la Commission européenne, estimant que certains pays de l’UE sont moins regardants sur la réglementation afin d’attirer les sociétés financières installées au Royaume-Uni et échaudées par le Brexit.

Le pays a fait part à Bruxelles de « très sérieuses inquiétudes » et le problème a été soulevé « sur le terrain du risque lié à la stabilité du système financier européen », a expliqué mercredi à l’AFP un porte-parole du secrétaire d’Etat irlandais aux services financiers. Il confirmait des propos tenus par ce dernier, Eoghan Murphy, lors d’une réunion à Bruxelles il y a quelques jours avec le vice-président de la Commission européenne chargé des services financiers, Valdis Dombrovskis.

Dublin assure que plusieurs pays proposent des clauses secrètes aux sociétés financières établies au Royaume-Uni et cherchant à renforcer leur présence sur le continent dans la perspective du Brexit. Ils leurs proposeraient par exemple plus de souplesse sur les besoins en capital. Les assureurs seraient les premiers concernés puisqu’ils ne sont pas soumis au même niveau d’examen que les banques, selon l’Irlande.

La réunion entre le responsable irlandais et le représentant de Bruxelles s’est tenue peu de temps avant l’annonce la semaine dernière de l’assureur américain AIG, qui va créer une filiale au Luxembourg en réponse à la sortie attendue du Royaume-Uni de l’Union européenne. Dans un discours prononcé cette semaine, Ed Sibley, chargé de la supervision financière au sein de la banque centrale irlandaise, a demandé à ce que l’Europe veille à ce que la réglementation ne soit « pas tirée vers le bas afin de récupérer les miettes du Brexit ».

Dublin figure parmi les capitales européennes les plus actives pour attirer des sociétés financières qui réduiraient la voilure au Royaume-Uni à cause du Brexit et chercheraient de nouvelles implantations dans l’UE. L’Irlande s’est parfois vue à son tour reprocher par ses partenaires européens sa politique fiscale très avantageuse pour attirer les multinationales. Paris, Francfort, Luxembourg ou encore Amsterdam font aussi partie des villes candidates pour récupérer une partie des services qui déménageraient du Royaume-Uni à cause du Brexit.