Assurance vie : La MACSF a des problèmes de riches

La majorité des assureurs vie est prompte à se lamenter de la dureté de la vie, vue à travers le prisme de la faiblesse persistante des taux d’intérêts, rien de cela au groupe MACSF. Au cours d’une réunion destinée à la presse et consacrée à l’actualité des marchés financiers et à la transmission du patrimoine, les directeurs financiers du groupe se sont en effet voulus très rassurants.

Selon Eric Dubos, directeur de la gestion financière du groupe, si la croissance mondiale restera encore très faible en 2016, comme le prévoit le FMI,« pas de ‘hard landing’ » en vue, mais plutôt une transition ». Que ce soit en Chine, où la croissance va forcément continuer à ralentir, ou aux Etats-Unis où la performance du taux d’emploi record doit être nuancée par le faible niveau de rémunération de ces mêmes emplois, rien de très enthousiasmant, mais rien de catastrophique non plus.

« 70% des économistes pensent que les taux vont remonter avant la fin de l’année », a indiqué Eric Dubos, qui se rallie à cette majorité, et pense donc qu’il n’y a plus que quelques semaines à attendre. « Tout le monde pense que la Réserve Fédérale américaine va tout faire pour maintenir les taux longs à un niveau bas », ajoute Eric Dubos. Cette attitude de la Fed permettrait ainsi d’écarter le scénario catastrophe de la remontée brutale des taux, cauchemar de tout assureur qui se respecte.

Roger Caniard, directeur financier du groupe MACSF, a poursuivi le propos en détaillant les quelques inflexions apportées à la gestion financière du fonds en euros de la MACSF. « C’est sans doute vrai que les actions rapportent plus à long terme, mais il faut réaliser des plus-values », a-t-il indiqué en introduction. « Nous n’avons pas de convictions très fortes, et nous sommes très opportunistes. Nous avons donc beaucoup acheté en août », a-t-il poursuivi. Pour mémoire, les marchés d’actions ont enregistré à aux environs de la mi août un violent décrochage, perdant jusqu’à jusqu’à 8 % dans la seule journée du 24 août.

L’appétence de la MACSF pour les actions reste toutefois tempérée : à fin octobre 2015, 9,6% des actifs du fonds en euros de la MACSF sont investis en actions cotées, non cotées et private equity, contre 68,40% en obligations et 7,30% en obligations convertibles. La MACSF, qui se targue d’un taux de rendement en baisse, mais supérieur de 60 points de base (0,6%) à celui du marché n’entend donc pas révolutionner son approche de la gestion financière.

Et ce n’est pas l’entrée en vigueur de la réforme Solvabilité 2 qui va pousser les financiers du groupe à changer quelque chose. « Nous avons beaucoup de fonds propres », explique Eric Dubos, qui explique que la marge de solvabilité du groupe « supérieure à 200% » sous Solvabilité 1 passe en dessous de seuil sous Solvabilité 2, mais reste selon lui encore largement assez confortable pour qu’aucune contrainte ne soit répercutée à la gestion financière.

La MACSF est riche, et n’a donc pas de problème sur le métier de l’assurance vie. Seul Sami Berial, responsable de l’ingénierie patrimoniale à la MACSF a parlé des problèmes de l’assurance vie à la MACSF. Selon lui, nombre des sociétaires du groupe sont aisés, et certains sont mêmes vraiment riches. Seul problème, alors que Luc Arrondel, chercheur au CNRS, montre tout le bénéfice que les donations et transmission peuvent apporter aux générations qui en bénéficient, la MACSF ne voit pas ses sociétaires suivre le mouvement… et utiliser l’assurance vie de la MACSF, vecteur de transmission. « Il nous faut réussir à convaincre nos clients qu’ils peuvent transmettre sans risquer de manquer pour eux-mêmes », souligne Sami Berial.

Pour convaincre ses fortunés sociétaires du bien fondé de la démarche, et leur montrer que leur patrimoine et suffisant pour transmettre à leurs descendants tout en gardant de quoi financer une hypothétique longue période de dépendance, la MACSF va éditer un guide sur la donation et le transmettre à ses sociétaires proches de la retraite.