Assurance-vie : Assureurs et banquiers veulent une stabilité de la fiscalité

Plusieurs acteurs du monde de la banque et de l’assurance ont appelé mardi, lors d’une table ronde consacrée au rôle de l’épargne, à la stabilité de la fiscalité de l’assurance-vie.

Réunis à Paris à l’occasion des 21e Rencontres parlementaires sur l’épargne et la fiscalité, de nombreux intervenants ont rappelé le rôle fondamental joué par ce placement traditionnellement très apprécié des Français, dont le stock s’élevait fin 2011 à 1.362 milliards d’euros.

« L’épargne a un rôle de premier plan, nous en avons besoin pour financer la reprise de l’économie et les Etats européens en ont besoin pour financer leur dette », a déclaré le commissaire européen en charge du Marché intérieur et des Services, Michel Barnier.

« Le sujet est moins d’inventer de nouveaux produits d’épargne -que les épargnants mettraient du temps à adopter- que la stabilité fiscale » de ceux qui existent, notamment de l’assurance-vie, a déclaré le président du directoire de la Banque Postale Philippe Wahl.

Selon lui, « la défiance vis-à-vis de l’assurance-vie trouve bien sûr sa source dans le rendement net d’inflation qui est bas, mais également dans l’instabilité de sa fiscalité.

« Si nous voulons favoriser l’épargne longue, il faut de la stabilité », a-t-il plaidé.

L’assurance-vie a récemment connu une certaine désaffection des épargnants qui s’est traduite par plusieurs mois consécutifs de décollecte nette (plus de retraits que de versements sur les contrats), un mouvement inédit lié à l’évolution du comportement des Français, désireux par exemple de moins s’endetter pour investir dans la pierre mais aussi de privilégier l’épargne liquide (disponible rapidement).

« L’assurance-vie bénéficie d’une fiscalité cohérente », a fait valoir Claude Tendil, PDG de Generali France.

« Il ne faut pas déstabiliser ce qui existe, or aujourd’hui, le pilier de l’épargne longue c’est l’assurance-vie », a pour sa part jugé Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).

Les appels à une fiscalité stable sont récurrents chez les assureurs et banquiers, qui expliquent que les épargnants ont besoin de visibilité sur le long terme pour réaliser des placements.

Ils concernent également l’épargne en action, plus risquée que les fonds en euros (capital garanti). Philippe Marini (UMP), président de la Commission des Finances du Sénat, a ainsi regretté que cette forme d’épargne « essentielle au développement des entreprises » soit « l’une des plus taxées ».

Paris, 27 mars 2012 (AFP)