Assurance santé en Chine : 200 millions de Chinois n’ont pas actuellement d’assurance maladie

    L’espérance de vie à l’échelle mondiale est passée de 47 ans dans les années 1950-1955 à 65 ans en 2000-2005, et devrait atteindre 75 ans en 2045-2050.1 Ce vieillissement rapide de la population mettra à rude épreuve les programmes sociaux et se répercutera sur les systèmes de santé et les politiques sociales des gouvernements, dans le monde entier.

    Cette évolution va toucher particulièrement la Chine, l’une des civilisations les plus anciennes, qui devient rapidement celle dont la population est la plus âgée, en raison notamment de la politique d’un enfant par famille.

    Poids de la démographie

    En 2009, 159 millions de Chinois, soit plus de 12 % de la population, ont plus de 60 ans. Le nombre de gens dans cette tranche d’âge a augmenté de 10 millions l’an dernier et devrait atteindre 174 millions en 2010.

    Il y a actuellement 16 personnes âgées pour 100 travailleurs. Ce ratio devrait doubler d’ici 2025 et passer à 61 d’ici 2050, selon un rapport du Center for Strategic and International Studies de Washington.

    Défis

    Le gouvernement chinois se trouve confronté à de nombreux défis économiques et sociaux d’importance, la réforme du système de santé n’étant pas le moindre. La Chine est un cas intéressant à bien des égards. D’après les responsables, 200 millions de Chinois n’ont pas actuellement d’assurance maladie. De plus, le système de santé souffre depuis des années d’un financement insuffisant, de corruption et d’un prix excessif des services.

    Une étude commandée par la Financière Sun Life Asie révèle que les gens doivent surtout compter sur leur épargne pour payer leurs frais médicaux, même ceux qui bénéficient d’une couverture d’assurance. Dans l’ensemble, les répondants ont déclaré que la santé de leurs parents était leur préoccupation majeure, juste devant leur propre santé, ce qui n’est guère étonnant, puisque 83 % d’entre eux assument une partie ou la totalité des dépenses de leurs parents. Un grand nombre d’entre eux paient également pour leurs enfants, leur conjoint et, dans près de la moitié des cas, les parents de leur conjoint.6

    Jusqu’au début des années 1980, la Chine disposait d’un système de santé universel gratuit ou peu coûteux, semblable à celui du Canada et de l’Angleterre.7 Depuis, les réformes économiques et sociales amorcées à la fin des années 1970 ont orienté le pays vers une économie de marché, fait sortir des millions de gens de la pauvreté et libéré un système économique jusqu’alors très fermé. Du côté de la santé, le gouvernement a adopté des réformes qui, pour élargir l’accès aux soins médicaux, permettaient aux hôpitaux de réaliser des bénéfices.

    Cette initiative a eu des résultats malheureux puisque les soins de santé de base, de même que d’autres services publics, ont fait l’objet de bien des abus, notamment de gonflements de prix et de corruption. Par-là même, ils devenaient inaccessibles à ceux qui n’étaient pas fonctionnaires ou employés des sociétés d’État.

    Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en 2005, le coût des soins de santé en Chine, en 2002, est 40 fois plus élevé qu’en 1978, alors que la part du financement du gouvernement est passée de 32 % à 15 % pendant la même période. Un sondage effectué en 2007 à l’échelle nationale a confirmé que près de la moitié des habitants des villes n’avaient pas d’assurance maladie et que plus de 79 % des habitants des régions rurales devaient payer eux-mêmes la totalité de leurs frais médicaux. D’après le sondage, les trois quarts des Chinois ne pouvaient compter sur aucune aide du gouvernement s’ils avaient besoin de soins médicaux.

    Projets de réforme

    Pour remédier à la situation, le gouvernement a récemment entrepris des réformes destinées à améliorer le système de santé. Le but est de disposer, d’ici 2020, d’un système financé par l’État qui couvrirait plus de 90 % de la population en 2011.

    En attendant, le gouvernement a dévoilé un plan de trois ans qui vise essentiellement à régler les problèmes pressants du coût trop élevé des soins médicaux et du manque d’accès à ces soins. L’établissement d’une base solide à long terme et la réforme générale du système passent par la résolution de ces problèmes.

    Qu’est-ce que cela signifie pour l’industrie de l’assurance en Chine? Andrew Cheung, président et chef de la direction de la Sun Life Everbright, indique que les réformes permettront à une grande part de la population d’avoir plus facilement accès aux soins de santé. Il ajoute : «Toutefois, nous croyons toujours que plusieurs personnes voudront tout de même compléter cette offre avec de l’épargne et de l’assurance privée, et c’est ce créneau que des compagnies comme la Sun Life Everbright vont exploiter – c’est là que nous pouvons aider à combler l’écart.»

    En plus d’instituer une assurance maladie et de revoir complètement les pratiques actuelles, la Chine compte ajouter 2,2 millions de lits dans les centres de services destinés aux personnes âgées des régions rurales, d’ici 2010. L’État continuera par ailleurs de construire des établissements de services pour les gens âgés.

    Les réformes devraient être amorcées cette année et le monde entier suivra de près leur mise en oeuvre. Dans son rapport, le Center for Strategic and International Studies souligne que la Chine joue un rôle primordial dans l’économie mondiale et que la façon dont elle fait face au vieillissement de sa population aura de profondes répercussions sur son avenir et sur l’avenir des pays du monde entier.

    Source sunlife.com