Assurance maladie : Au cœur du débat, les américains continuent de s’y opposer

La réforme sur l’assurance maladie portée par Barack Obama reste impopulaire pour deux-tiers des américains selon un sondage ABC News/Washington Post. Un projet qui s’annonçait rude à faire accepter à l’opinion public dès le départ.

A quelques mois de la présidentielle américaine, la loi sur l’assurance maladie portée par le président Barack Obama et voté par le Sénat en novembre 2009 est au centre des débats. Soutenue par une majorité de démocrates (63%), les trois-quarts des républicains s’y opposent.  Au cœur de la polémique, l’article qui rend obligatoire de contracter une assurance d’ici 2014, sous peine d’amende.

Selon le sondage, 52% des personnes interrogées s’opposent à la loi dans son intégralité, « fortement » pour  41%. Du côté de ceux qui la soutiennent, ils sont également 41%, dont un quart « fortement ». Campagne de dénigrement ou mauvaise communication du gouvernement, 70% des sondés déclarent avoir entendu des arguments critiques au cours des dernières semaines, contre 19% qui ont entendu des arguments positifs.

Les assureurs ne pourront refuser un assuré en raison de ses antécédents

Alors que la Cour suprême se saisit de la loi la semaine prochaine, ils sont in fine 67% à juger que la haute juridiction doit l’abroger, sinon l’amputer de l’article portant sur l’obligation de souscription d’un contrat d’assurance santé. Seuls certains aspects de la loi sont appréciés tels que l’extension de la couverture des parents aux étudiants jusqu’à 26 ans ou l’interdiction aux assurances de refuser de couvrir un assuré en raison de ses antécédents médicaux, ainsi que qu’un soutien aux familles qui disposent de peu de revenus par l’intermédiaire d’une aide financière.

Un projet jugé « socialiste » par les républicains, « minimaliste » par les Européens

Au cœur du projet politique de Barack Obama, cette mise en place d’une couverture universelle aux Etats-Unis qui a pour objectif de prendre en charge 32 millions d’américains dépourvus de couverture maladie, devrait approcher les 950Mds de dollars, soit 700Mds d’euros sur dix ans. Jusqu’à lors, seuls Medicare était destiné à protéger les personnes âgées ou handicapées, Medicaid les personnes à faible revenu.

Une loi qui sera financée par un nouvel impôt sur les hauts revenus ainsi qu’une maîtrise des dépenses de soins. Approuvée par la Chambre des représentants en 2010, le vote serré (219 contre 212) annonçait un clivage marqué pour longtemps face à un projet jugé « socialiste » par les républicains, « minimaliste » par les Européens.

D’âpres négociations

La détermination de Barack Obama ne s’est pas affaiblie mais le passage de la réforme a nécessité de longues négociations, pour un projet parfois revu à la baisse. L’organisme public initialement souhaitée pour centraliser la réforme a en effet été retiré en faveur de la mise en place d’une coopérative à but non lucratif, fonctionnant sur le modèle d’une mutuelle. Un régime alternatif qui viendra concurrencer les assurances privées et devrait donc permettre de peser sur les coûts.