Assurance emprunteur : April refond son offre

Le groupe April lancera une nouvelle offre d’assurance emprunteur au mois de février. Une offre unique associée à une nouvelle plateforme de souscription digitale.

Près de 900.000 transactions immobilières ont été réalisées en 2016. Une hausse de 13% qui entraîne l’assurance emprunteur dans son sillage. Ce marché représente 8,8Mds d’euros, dont 73% pour l’immobilier. Le groupe April compte bien assoir ses positions sur ce segment (environ 15% de parts de marché sur les flux nouveaux).

Une offre unique

Le courtier a ainsi décidé de renouveler totalement son offre autour de deux axes principaux. Un nouveau produit et une nouvelle plateforme de souscription. Jusque-là, April commercialisait trois offres : ADP April, ADP 18-35 ans et ADP risque aggravé. Elles sont fusionnées pour ne faire plus qu’une. Par ailleurs, les risques aggravés bénéficieront désormais de l’irrévocabilité des garanties. Cette nouvelle offre unique couvre en outre les risques sportifs, excepté pour les sports non reconnus par une fédération, sans surprime (hors sport aérien et sport terrestre à moteur).

Côté tarification, le grossiste s’appuie sur plusieurs critères de segmentation : le statut professionnel de l’assuré (cadre, non-cadres…), sa profession (parmi une liste de 850 entrées) ou encore son âge. La localisation géographique est également un critère. Les régions Rhône-Alpes, Île-de-France, Haute-Garonne et Alpes-Maritimes sont des régions dans lesquelles, à profil équivalent, les primes sont moins élevées.

« Cette nouvelle tarification nous permet de baisse sensiblement le niveaux de primes dans 70% des cas par rapport à nos offres actuelles », souligne Patrick Burtin, directeur marketing et assurance emprunteur d’April. Les 30% restants voient, eux, leur tarification augmenter par le jeu des vases communicants.

Souscrire en moins de 10 minutes

Côté technique, le courtier s’appuie sur une plateforme de souscription 100% digitale. Elle doit permettre aux clients ou aux courtiers d’établir un devis en mois de 10 minutes pour les risques standards. Il suffit au client de répondre à quelques questions pour obtenir son tarif. Si aucune alerte médicale n’est détectée par l’algorithme, il peut signer électroniquement son contrat et obtenir son certificat d’adhésion. Dans le cas contraire, un conseiller le rappelle par téléphone pour affiner le bilan médical et donc la tarification.
Les seuils de souscription sans formalités médicales ont d’ailleurs été relevés.

Concrètement, le client, via son espace sécurisé, le courtier à travers son espace April On et le gestionnaire tarificateur voient l’avancée des dossiers de devis et de souscription en temps réel. Le triptyque se retrouve donc avec le niveau d’information à tout moment sur l’avancement d’une souscription.

Un contexte favorable

Si April a mis plusieurs millions d’euros sur la table pour lancer sa plateforme c’est que le contexte du moment est favorable. Les taux d’intérêt sont faibles et l’assurance représente un coût proportionnellement plus élevé (25% à 40% du coût du crédit). La loi Lagarde de 2010 a par ailleurs permis la délégation d’assurance emprunteur. Enfin, depuis juillet 2014, la loi Hamon permet la résiliation à tout moment dans la première année de contrat de son assurance emprunteur. Avec un S/P aux alentours de 50% pour les contrats groupes proposés par les banques, le marché aiguise donc les appétits.

D’autant que le potentiel est là. La délégation d’assurance ne représente que 15% du marché. Le reste est tenu par les contrats groupes des banques.

Se développer sur la gestion pour compte de tiers

Autre voie de développement pour April, la gestion pour compte de tiers. Le courtier souhaite en effet capitaliser sur son savoir-faire en assurance emprunteur pour développer des produits pour d’autres opérateurs, comme il fait déjà pour Prévoir. Des discussions sont également en cours sur la délégation de gestion, assure Roger Mainguy, directeur général d’April Santé Prévoyance.