En assurance-dommages, des améliorations significatives des termes et conditions restent possibles

Le marché Dommages reste soft. Les places émergentes (Dubaï, Singapour, Brésil) prennent de l’ampleur mais rayonnent peu au-delà de leur zone régionale. La surcapacité et la diversité des offres de la place de Paris, des grands réassureurs continentaux et de Londres répondent largement aux besoins du marché. Le marché français représente un encaissement de 6,2 milliards d’euros.

La tendance à l’augmentation de capacité observée en 2014 et 2015 s’est ralentie, les quelques augmentations ponctuelles de capacité d’acteurs existants étant compensées par la fusion d’ACE et CHUBB ainsi que d’XL et CATLIN. Les affaires de bonne qualité technique (niveau de protection et sinistralité) continuent de bénéficier d’améliorations significatives des termes et conditions. Ce phénomène déjà marquant sur les très grands comptes depuis de nombreuses années, devient prégnant sur le secteur de l’Upper Middle Market (entre 300 millions d’euros et 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, les critères n’étant pas totalement identiques pour tous les assureurs).

Les franchises sont considérées comme étant garantes du maintien des bons résultats et la preuve de la confiance des clients en leurs propres risques

Exceptés pour certains secteurs, le marché demeure agressif avec des baisses à deux chiffres sur les affaires de qualité. Il est à noter que pour la 4ème année consécutive, FM Global va libérer une nouvelle participation (Membership Credit) pour ses clients entre le 1er juillet 2016 et 30 juin 2017. Cela est un marqueur d’un marché compétitif.

Les niveaux de franchises restent stables par rapport aux années précédentes. Elles sont considérées comme étant garantes du maintien des bons résultats et la preuve de la confiance des clients en leurs propres risques.

Du fait de la forte concurrence du marché, la plupart des grands assureurs accepte désormais sur les grands comptes, mais également sur les Upper Middle Markets, de délivrer des couvertures plus larges : extension Terrorisme monde entier (hors pays disposant de solutions locales), extensions Cyber.

Les assureurs demeurent tributaires de structures de validations internes (referral). Toutefois, l’expérience montre que les assureurs peuvent être souples lorsqu’ils ont décidé de réaliser une affaire.

Focus « Power & Utilities »

L’année 2015 a été marquée par une sinistralité Evénements naturels contenue au plan mondial

Le marché peut encore récompenser par des baisses (-10% à -20%) les affaires présentant de bons niveaux de protection incendie, une maintenance appropriée et une absence de sinistre. L’arrivée en force de FM Global, les nouveaux acteurs à Londres et la position dominante prise par HDI Global SE sur le marché continental renforcent ce levier de baisse sur les affaires premium. Sur le marché continental, certains leaders ont annoncé des majorations de principe, du fait de la sinistralité dégradée en particulier sur les turbines et les chaudières. La survenance d’un sinistre (de près de 400 millions d’euros) sur une centrale au charbon en Sibérie début février 2016, en impactant les principaux acteurs du marché, va renforcer ce phénomène. De ce fait, les installations présentant une sinistralité dégradée et/ou des standards insuffisants au plan de la prévention des risques Bris de machines et/ou Incendie/explosion peuvent faire l’objet de majorations tarifaires et/ou de relèvements de franchises.

Focus « Événements naturels critiques »

La compétitivité du marché s’est améliorée, avec des baisses de 10% à 15% sur les taux précédemment en vigueur, même si ceux-ci demeurent élevés dans l’absolu. Cette évolution est permise, d’une part, par l’afflux de capacités suite à la création de ce marché en 2012, en raison du retrait massif des assureurs dommages ayant réduit leurs expositions sur les Evénements naturels critiques (Critical Cat). D’autre part, les résultats sont en amélioration nette en l’absence de catastrophe importante depuis fin 2012. L’année 2015 a été marquée par une sinistralité Evénements naturels contenue au plan mondial, s’élevant à 37 milliards d’USD, soit quasiment identique à celle constatée en 2014 (35,7 milliards d’USD) et en deçà de la moyenne des 10 dernières années (52 milliards d’USD).


gerard-guendafa_300Gérard Guendafa est titulaire d’une maîtrise en Sciences Economiques et d’un DESS Banque, Finance et Assurance. Sa carrière professionnelle a été consacrée aux risques des entreprises d’abord dans des compagnies d’assurance : GROUPAMA,  UAP et GAN, où il a occupé la fonction de Directeur de la Branche Dommages. En 2000, il a rejoint le courtage en qualité de Directeur du département IARD Entreprises du Groupe Verspieren à Neuilly, puis Gras Savoye en 2007.

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