Assurance Auto : La nouvelle procédure véhicules endommagés coûtera plusieurs millions d’euros aux assureurs

C’est maintenant sûr, les automobilistes, un temps inquiet par la procédure VE qui entrera en vigueur au 1er juin, peuvent se respirer. Les assureurs entendent bien ne pas les laisser payer seuls les expertises imposées, malgré un coût estimé à « plusieurs millions d’euros » selon Bertrand Guérinon, Directeur du pôle auto Covéa AIS.

Les précisions arrivent peu à peu. Oui, les assureurs vont prendre en charge les expertises initiées par la procédure VE. La plupart en tout cas. Car pour le moment, tout reste assez flou. Certains parviennent à donner une réponse, d’autres semblent encore en plein questionnement. Mais on n’imagine mal l’ensemble des acteurs de la profession se désaccorder sur un point aussi sensible auprès de l’opinion publique.

« Cette mesure ne concerne que les véhicules accidentés, soit 10 à 15% des véhicules assurés sur une année » rappelle Bertrand Guérinon, directeur du pôle auto chez Covéa AIS, l’entité de gestion de sinistre des assureurs MAAF, MMA et GMF. Malgré un prix allégé par les discussions entre les pouvoirs publics et les assureurs, « nous estimons le montant moyen de la procédure à 200 euros » contre 300 euros annoncés précédemment, lorsque la procédure prévoyait un nouveau contrôle technique systématique, ainsi que l’envoi de la carte grise en préfecture en recommandé et le changement de plaque d’immatriculation par l’assuré. « Le coût de la procédure a […] été réduit mais il reste significatif » pour les experts d’AXA.
« Nous estimons le coût pour les compagnies d’assurances à quelques millions d’euros » précise M. Guérinon.

Etes-vous couverts pour la procédure VE ?

Dès lors, le choix de la prise en charge par les assureurs n’est pas aussi simple qu’il y paraît. « Les assureurs vont prendre en charge les expertises. Dans un souci d’équité, on ne peut pas se limiter aux accidents non responsables. Tout le monde sera donc couvert pour l’expertise, et pour les travaux, si les critères de véhicule endommagé sont imputables au sinistre » affirme M.Guérinon.

Tout le monde ? Pas forcément. La MAIF, par exemple, ne touchera pas à son produit auto, présenté en deux offres – au tiers et tous risques – affirmant que ses sociétaires sont couverts dès lors qu’ils sont assurés tous risques. L’assureur militant est clair et précis : l es assurés en responsabilité civile en seront de leur poche.
Logiquement, ce principe sera appliqué chez tous les assureurs. Comme chez Axa, par exemple, qui parle de « sinistre garanti ». L’assureur français précise juste que « en cas de sinistre garanti, AXA prendra en charge la première expertise et l’expertise de remise en conformité, ainsi que l’éventuel contrôle technique nécessaire à la remise en circulation du véhicule. » Mais comment vont réagir les assureurs qui se sont spécialisés sur les offres low costs ?

Reste à savoir si ce coût pourra influer sur les prix des polices d’assurances. La limitation de circulation des véhicules dangereux aura pour effet de faire baisser, au moins en partie, la sinistralité sur les routes, et donc le coût des indemnisations pour les assureurs. Mais, cette économie est impossible à chiffrer. Dès lors, la seule variable d’ajustement serait le tarif de l’assurance. Dans un secteur très concurrentiel et à faible marge, l’annonce d’une hausse des tarifs n’est jamais la bienvenue et pour le moment les assureurs se gardent bien d’en parler.

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