Quand les mutuelles doivent passer de l’individuel au collectif

    Véritable séisme avec son lot de répliques, la généralisation de la complémentaire santé en entreprise va obliger les mutuelles, majoritairement positionnées sur l’individuel, à s’adapter au marché de la santé collective, plus concurrentiel. Au-delà d’un simple transfert de portefeuille vers le collectif, c’est un autre ‘’business model’’ à adopter.

    Avec quelque 600.000 PME et TPE à équiper en complémentaire santé, la loi ANI a déclenché “l’ouverture d’un nouveau marché, auquel s’ajoute l’éclosion du marché de la surcomplémentaire“, énonce Vincent Delannoy, directeur de Just’en Famille. Ce transfert d’environ quatre millions de salariés de l’individuel vers le collectif ne sera pas sans poser problème aux mutuelles. “La Loi ANI va renforcer une segmentation du marché qui va à l’encontre du principe de mutualisation intrinsèque au mouvement“, explique Jean Sammut, président de Procial.

    Conséquence : un choc tarifaire est à prévoir vis-à-vis des seniors. “Les mutuelles ont tout intérêt à capter les 55-65 ans, plus aisés que la moyenne et prêts à payer pour des services supplémentaires, afin de mutualiser ‘jeunes’ et ‘anciens’ retraités“, suggère Céline Blattner, associée et responsable du Pôle prévoyance et santé du cabinet Actuaris, avant d’ajouter : “aller vers le collectif tête baissée est un choix risqué car plusieurs années sont nécessaires pour bien maîtriser cette approche. Les mutuelles de taille plus modeste peuvent se tourner vers les niches pour intégrer de nouveaux adhérents“.

    La Mutuelle Générale a un train d’avance sur la loi ANI car, de manière fortuite, elle avait choisi de cibler les TPE et les TNS en 2012 puis a décidé, l’an dernier, de monter en charge à l’égard de ces catégories. “Il n’est pas certain que tant de mutuelles soient en mesure de s’adapter à ces nouvelles règles du jeu“, jauge Patrick Sagon, président de cet organisme.

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