Prévoyance collective : un outil de réduction de l’absentéisme grâce à la prévention

    La prévoyance collective offre des services et des aides sociales pour les salariés. Dans les contrats collectifs en santé ou en prévoyance, se développent des prestations sociales, des actions de solidarité qui profitent aux salariés comme à l’employeur.

    Les contrats de prévoyance collective peuvent aller au-delà de la couverture des risques de maladies professionnelles, d’accidents du travail, d’invalidité, d’incapacité ou de décès des salariés. Les contrats collectifs de complémentaire santé ou de prévoyance peuvent en effet offrir des mesures d’actions sociales à certains bénéficiaires des contrats. Il s’agit par exemple de services d’aide pour le maintien à domicile en cas de perte d’autonomie, de soutien dans la recherche d’emploi, d’aides aux personnes en situation de handicap ou encore d’endettement… Des aides financières spécifiques peuvent même être apportées dans certains cas aux bénéficiaires des contrats s’ils se retrouvent dans une situation difficile. Ces aides sont alors attribuées au cas par cas.
    « C’est une forme intéressante de traitement individualisé de la protection sociale. Les entreprises sont en effet demandeuses de services qui tiennent compte des situations individuelles des salariés », explique Guillaume Pleynet-Jésus, directeur collectives adjoint de Groupama Gan Vie. Ces mesures étaient déjà proposées par des organismes assureurs, le plus souvent des groupes de protection sociale, des institutions de prévoyance et mutuelles.

    Or, avec la loi du 14 juin 2013, transposant l’ANI, cette forme de solidarité venant d’organismes privés, devient même obligatoire dans le cas où un accord de branche décide de recommander un ou plusieurs organismes assureurs aux entreprises. Alors, les contrats doivent comporter des garanties collectives présentant « un haut degré de solidarité » selon le décret du 11 décembre 2014.

    Prévention et absentéisme
    Précisément, cela peut prendre 3 formes selon le décret : soit une prise en charge de la cotisation des salariés s’ils ont de trop faibles salaires par exemple, soit des actions de prévention à destination des salariés pour réduire le risque de maladie ou d’accidents professionnels (campagne d’information, formation), soit des prestations d’actions sociales du type aides financières ou services pour les salariés et leurs ayants droit (cf plus haut).
    « Dans certaines branches de métiers, les risques de maladies liées aux troubles musculo-squelettiques sont par exemple très importants. L’action sociale à travers la prévention des risques peut alors permettre de réduire le nombre d’arrêts de travail », souligne Roger Mainguy, directeur général d’April Santé Prévoyance et président de l’Apac, association pour la promotion de l’assurance collective.

    Les entreprises se tournent de plus en plus vers leurs organismes assureurs pour les aider à mettre en place ces actions de prévention car l’impact financier des arrêts de travail est un enjeu important : « en 2014, les arrêts de travail représentaient l’équivalent de 42 emplois à temps plein (ETP) dans une entreprise de 1.000 salariés », selon l’étude 2015 de Malakoff Médéric sur l’absentéisme au travail portant sur 3 millions de personnes.

    Et si la prévention ne peut pas toujours empêcher qu’un accident de travail survienne, les aides et prestations sociales s’avèrent intéressantes pour limiter le temps d’arrêt de travail. « L’organisme assureur n’est pas là juste pour indemniser le salarié malade, il peut aussi offrir une aide au retour à l’emploi, l’assister dans ses démarches, offrir un soutien psychologique ou encore aménager son poste de travail, cela va dans l’intérêt mutuel du salarié et de l’employeur », avance Guillaume Pleynet-Jésus, directeur collectives adjoint de Groupama Gan Vie.

    Pour le monde de l’assurance, un champs d’intervention relativement nouveau s’ouvre avec l’action sociale. Elle rapproche davantage les assureurs des salariés et leurs ayants droit pour s’occuper de leur santé.