L’assurance-vie à un tournant ?

    Après une fin d’année tendue et un début 2011 plutôt compliqué avec une décollecte de plus en plus forte, le marché de l’assurance-vie est soumis à de fortes tensions. La chute des fonds en euros, la pression fiscale et gouvernementale sur le placement seraient autant de facteurs – mais pas les seuls – montrant un marché qui a besoin de se remettre en question.

    « Le marché de l’épargne vie en France est clairement à un tournant » selon Cyrille Chartier-Kastler, consultant et fondateur du cabinet Facts & Figures, qui livrait vendredi une étude très complète sur le marché en 2009, selon les données des assureurs.

    Pour lui, « le marché de l’épargne vie tel qu’il s’est développé en France au course de ces trente dernières années » arrive à un sommet. En clair, il a vécu ses meilleures années et ne peut que retomber.

    Le marché est en effet soumise à de fortes contraintes. D’un côté, la chute des taux de rendements, depuis 2007, fait évidemment perdre l’attrait commercial du produit. En moyenne, les taux servi en 2007 s’échelonnaient entre 4,06 et 4,30% selon les types de clientèles (épargne standard, patrimoniale ou en gestion privée). En 2010, les mêmes clientèles ont vu les taux moyens servis reculer pour s’établir dans une fourchette allant de 3,34% à 3,59%…

    La baisse a été de 0,70 points en trois ans. Le cabinet Facts and Figures, pointe également la réforme des taux annuels garantis pour expliquer le nécessaire besoin de changer les choses. « C’est la fin d’une époque. La réforme des taux garantis affecte notamment la gestion privée » affirme Cyrille Chartier-Kastler, mais pourrait, à terme, se répercuter sur les différents types de clientèles.

    Difficile alors pour un assureur de faire venir les clients sur ses contrats avec la simple promesse de servir des taux plus élevés que le concurrents à la fin de l’année. Le modèle commercial serait donc à réinventer, mais également, les produits, et la distribution. « En 2008 et 2009, les marchés actions étaient au plus bas, mais les assureurs ne sont pas parvenus à vendre plus d’unités de compte » annonce Cyrille Chartier-Kastler.

    Selon l’étude, entre 2007 et 2009, le poids des unités de compte (UC) dans les encours comme dans la collecte, a chuté (période 2007 – 2008) dans un premier temps et s’est ensuite maintenu entre 2008 et 2009, preuve que la distribution n’a pas trouvé (cherché) le moyen de vendre plus d’unités de comptes.

    Les enjeux, pour l’assurance-vie, sont multiples. Si le marché est à un tournant, il doit se réinventer et la prime à l’innovation pourrait être très importante. Dans l’attente de la position du gouvernement sur la fiscalité, bien entendue.