Dossier : Pas de diminution du budget dédié à l’assurance dans les grandes entreprises

    Malgré le ralentissement économique, les entreprises ne réduisent pas leur budget dédié à l’assurance. Et pour cause : selon les assureurs, certaines couvertures sont devenues indispensables tandis que d’autres le deviennent dans le contexte actuel.

    Chez Siaci Saint Honore et chez Axa Corporate Solutions, on ne remarque pas de réduction du budget que les entreprises consacrent à leurs protections d’assurance. “Les entreprises ne peuvent pas se passer de certaines couvertures de base comme celles qui couvrent les dommages aux biens, les pertes d’exploitation et la responsabilité civile”, cite Hervé Houdard, directeur général de Siaci Saint Honore.

    Ce constat vaut aussi pour Axa CS qui s’intéresse à de grosses entreprises se développant sur des marchés étrangers prometteurs sans doute moins frappés par la morosité économique. “La croissance et l’évolution de ces entreprises sont liées à l’évolution de l’économie mondiale qui est de 3%” constate Patrick de La Morinerie, directeur général d’AXA CS.

    Loin de se défaire de certaines protections en période de crise, les entreprises cherchent plutôt à couvrir les risques accrus : risques politiques, de crédit, de carence fournisseur et cyber-risques. Des couvertures gagnent ainsi en popularité. “C’est le cas de la responsabilité civile environnement avec la garantie « Pollution soudaine et accidentelle » ou encore de la couverture D&O“, donne en exemple Patrick de La Morinerie. Si leur budget dédié à l’assurance ne diminue pas, certaines entreprises le gèrent différemment. “Des groupes industriels montent leur propre société d’assurance pour conserver la gestion d’une partie de leurs risques. Ils transfèrent au marché de l’assurance la partie des risques qui va au-delà de leur appétit”, explique-t-il.

    Philippe Charconnet, directeur dommages aux biens Ace en France émet pour, sa part, un bémol. Selon lui, la crise économique pourrait venir grever les investissements des entreprises liés à la protection des biens et à la prévention des risques. Cela dépend en partie de la vitalité des secteurs d’activité. “Certains secteurs industriels souffrent plus que d’autres d’où l’importance pour les professionnels de l’assurance d’avoir un portefeuille de risques bien équilibré“, avance-t-il. “Le secteur aéronautique est en bonne santé mais il reste une exception dans le paysage actuel.