Didier Legrand : “Les services proposés s’orientent vers Solvabilité 2”

    Rencontre avec Didier Legrand, directeur général de Mutré

    Quelles sont les spécificités du marché français de la réassurance de personnes ?

    À la différence de la réassurance dommages qui intervient essentiellement en non proportionnel, le réassureur de personnes intervient majoritairement en réassurance proportionnelle : il est donc très proche dés cédantes et participe souvent à la construction des produits. Il peut accompagner l’assureur dans le développement commercial, dans la construction des garanties et des tarifs et dans le financement des coûts d’acquisition.

    Quel impact a l’Ani sur le marché français de la réassurance de personnes ?

    Nous allons constater un basculement des contrats individuels vers le collectif. Le marché sera pendant quelque temps assez concurrentiel. L’objectif est d’aider les mutuelles à se développer sur le marché des TPE, sans forcément casser les prix, pour garantir une rigueur technique, y compris sur le collectif.

    La tendance est donc à la diversification ?

    Etant donné la marge plus réduite des contrats collectifs, il est impératif pour les structures d’assurance et mutuelles de se diversifier notamment vers la prévoyance individuelle. Il y a des besoins forts, un sous-équipement de la population française en prévoyance, et les mutuelles ont une forte légitimité à proposer des garanties de protection de la personne.

    Est-ce que « la réassurance de services » est une tendance de fond ?

    Un réassureur de réassurance de personnes doit être en capacité de fournir un certain nombre de services tels que la tarification de risques aggravés en prévoyance (notamment emprunteur). Nous traitons également les risques spécifiques comme les activités sportives à haut risque, les risques liés à certaines pathologies, des métiers à risque… Les réassureurs peuvent aussi organiser des formations spécifiques pour leurs cédantes. Ces dernières années, le type de services proposés a évolué en s’orientant plus vers les besoins générés par Solvabilité 2 : analyses prospectives du bilan, par exemple.

    Retrouvez l’intégralité de l’interview de Didier Legrand dans notre magazine spécial réassurance du 14 septembre prochain.