Dépendance : Les contrats collectifs en transformation convergent vers un même modèle

    Le marché de l’assurance dépendance collective est récent, encore très peu développé… mais déjà en transformation.

    Témoin, l’expérience d’Axa. Lancée en 2008, la garantie dépendance de l’assureur a été complètement refondue, et sera à nouveau relookée pour 2016. Le premier contrat, Acquilibre, lancé en 2008, était centré sur le risque de dépendance du salarié. La couverture, annuelle, prenait fin lorsque le salarié quittait l’entreprise. Conçu pour sensibiliser le salarié au risque dépendance plus que pour le couvrir effectivement (le risque de « tomber » en dépendance pendant la vie active est très faible), le contrat Axa prévoyait un volet d’aide aux aidants, explique Claudine Brom, directrice de la dépendance collective chez Axa France.

    Les concepteurs du produit avaient compris que le risque de dépendance des parents des salariés préoccupe davantage les employeurs que le risque de dépendance des salariés. Mais cette bonne idée a trouvé ses limites, notamment parce que les partenaires sociaux sont hermétiques à l’idée d’une cotisation à fonds perdus, aussi faible soit-elle.

    En 2012, Axa a donc lancé une nouvelle garantie, Agilibre, où le salarié acquiert des droits, en euros, proportionnellement à la durée de sa présence dans l’entreprise, qu’il conserve lorsqu’il quitte l’entreprise. La garantie Agilibre est donc désormais comparable… à celle conçue dès l’origine par l’Ocirp, un autre acteur de référence de la dépendance collective. L’organisme paritaire, le premier à s’être lancé dans la dépendance collective il y a une quinzaine d’année, a en effet proposé dès l’origine une garantie qui donne des droits acquis.

    Elle protège le salarié contre son propre risque dépendance, qui surviendra, dans la quasi totalité des cas, une fois qu’il sera en retraite. Grâce à un système de points, pas de cotisation à fonds perdus et la portabilité des droits est garantie : quand le salarié quitte l’entreprise, il conserve ses points et peut continuer à cotiser à titre individuel, explique Jean-Manuel Kupiec, directeur général adjoint de l’Ocirp.

    Mais depuis son lancement, l’Ocirp a repris la bonne idée d’Axa et fait évoluer ses prestations en prévoyant aussi de protéger le salarié dès l’adhésion, en lui portant assistance en cas de dépendance d’un proche. Une chose est sure : la convergence des contrats est une bonne nouvelle… pour les actuaires consultants, car la dépendance est un risque complexe. « Certaines anciennes garanties collectives ne conféraient pas de droits acquis. Quand un salarié quittait l’entreprise, il perdait tous ses droits. Mercer aide les entreprises à transformer ces garanties. Il y a un gros travail technique », explique Camille Mosse, consultante chez Mercer.