Agents et courtiers ont appris à vivre avec Internet

    L’arrivée d’Internet chez les assureurs n’était pas vraiment bien accueillie par les agents et courtiers qui, voyant le faible taux de souscriptions en full web, ont finalement remisé leurs angoisses. Internet se place finalement en complément de l’achat, comme le rappelle Cyrille Chartier-Kaestler, fondateur de Facts & Figures : « celui qui va chercher de l’information sur Internet, souscrit via les réseaux physiques. »

    Selon Cedric Tang, consultant, l’assurance est « un secteur où on peut prendre des initiatives. » Pour lui, même si Internet n’est pas encore une place marchande incontournable du contrat d’assurance, il faut laisser faire le temps. Pour l’instant, les professionnels tâtonnent et les agents ont parfois leur mot à dire : « Il y a quelques années, un assureur français a commencé une campagne d’e-mailing… mais suite aux réactions la campagne a été stoppée net. » L’envoi d’e-mail avait tout simplement été considéré par les agents comme de la concurrence déloyale.

    Cyrille Chartier-Kaestler ne voit pas non plus les sites d’assureurs ou de courtiers comme de la concurrence pour les agents : « Les agents généraux n’ont pas à avoir peur. La vraie menace, ce sont les comparateurs. » Ils entraîneraient, selon lui, des changements, une « mise sous pression et une baisse des prix. Les compagnies vont se cacher derrière les comparateurs pour réaliser plus de contrats. »

    Toutefois, entre 1.500 et 3.500 agents, principalement des jeunes, utilisent Internet dans un but professionnel, nous apprend Cedric Tang. Qu’il s’agisse de sites professionnels ou de réseaux sociaux. Même si l’utilisation des réseaux pour toucher une nouvelle clientèle est encore au statut embryonnaire, il existe aux Etats-Unis des formations destinées aux agents pour mieux utiliser le web social en terme de recherche et de fidélisation de la clientèle. « State Found, un réseau d’agents, propose l’apprentissage de Facebook en complément de celui d’utilisation d’autres outils. Ces formations se déroulent sur la base du volontariat. L’agent utilise ainsi la personnalité pour renforcer la relation client » poursuit Cédric Tang.

    Dans un baromètre réalisé au mois d’août dernier en partenariat avec Opinion Way par April auprès de ses 16.000 courtiers partenaires, 45% des courtiers ayant répondu à l’étude ont souligné la présence de leur activité sur Internet. Le chiffre passe à 63% chez les 18-34 ans. Ils sont 23% (36% chez les 18-24 ans) à être présents sur les réseaux sociaux dans un but professionnel.

    Quid de la vente de produits d’assurance sur le réseau créé par Mark Zuckerberg ? Techniquement, cela est faisable puisque l’achat d’autres produits y est déjà possible, tout comme un partenariat directement avec Facebook. En France, le site Vente Privée a d’ailleurs déjà été testé par des compagnies d’assurance, avec des résultats plutôt mauvais en termes de vente, selon nos informations.