AIG : l’ex directrice financière de General Re vient d’être condamnée à 18 mois de prison

    La justice américaine a condamné à la prison ferme l’ex-directrice financière du réassureur General Re (groupe Berkshire Hathaway) au titre de sa participation à une manipulation visant à présenter sous un jour plus favorables les comptes de l’assureur AIG.

    Elizabeth Monrad, 54 ans, a été condamnée à 18 mois de prison, suivis de 3 ans de contrôle judiciaire, a annoncé jeudi le département de la Justice (DoJ) dans un communiqué. Elle a aussi été condamnée à payer une amende de 250.000 dollars. Mme Monrad a occupé le poste de directeur financier chez General Re de juin 2000 à juillet 2003, soit au moment des faits reprochés. En février 2008, un jury l’avait jugée coupable d’avoir participé à deux transactions factices entre General Re et AIG, ayant permis à ce dernier de gonfler artificiellement le montant de ses provisions, une donnée reflétant la santé financière d’un assureur et donc très suivie par les analystes.

    Ces deux transactions avaient gonflé de 250 millions de dollars les provisions d’AIG au quatrième trimestre 2000 et de 250 millions également au premier trimestre 2001. L’affaire avait été rendue publique au printemps 2005. AIG avait peu après présenté une version révisée de ses comptes au gendarme boursier (SEC), entraînant un plongeon du cours de l’action en Bourse.

    Mme Monrad a été jugée dans cette affaire au même titre que quatre autres co-défendants, d’anciens responsables de General Re et d’AIG, qui ont tous été reconnus coupables de tous les chefs d’accusation. Trois d’entre eux ont déjà été condamnés et un autre attend encore son verdict. Notamment, l’ancien PDG de General Re Ronald Ferguson a été condamné en décembre à deux ans de prison et à 200.000 dollars d’amende.

    General Re est une filiale du fonds d’investissement Berkshire Hathaway, du milliardaire américain Warren Buffett. Frappé de plein fouet par la crise des subprime, l’assureur AIG a été mis sous tutelle de l’Etat fédéral en septembre dernier et a été renfloué depuis à hauteur de 170 milliards de dollars, un sauvetage très contesté au sein de l’opinion et de la classe politique américaines. Le groupe a accusé une perte nette de près de 100 milliards de dollars l’an dernier.