AIG : L’argent du gouvernement a servi à payer de grandes banques européennes

    American International Group (AIG) a annoncé hier qu’une partie des 170 milliards de dollars injectés par le gouvernement américain avait servi à dédommager les banques européennes, dont la Société Générale pour un montant de 11,8 milliards d’euros.

    Sauvé de la faillite à trois reprises par le gouvernement fédéral américain, l’ex-premier assureur mondial AIG est maintenant détenu à 80% par l’Etat. Dans un souci de transparence, ses dirigeants ont précisé l’utilisation des fonds reçu au cours des trois derniers mois de 2008.

    Selon l’AFP, 70% des 52 milliards de dollars ont été utilisés pour payer des positions prises par la filiale financière d’AIG à la Goldman Sachs pour 12,9 milliards, à la Société Générale pour 11,9 milliards et à la Deutsche Bank pour 11,8 milliards de dollars.

    D’autres banques européennes, dont les françaises BNP Paribas (pour un montant de 4,9 milliards de dollars) et Calyon, une filiale de banque d’affaires du Crédit Agricole, (2,3 milliards) notamment, ont été indemnisées.

    AIG, qui reste sur une perte nette en 2008 de 99,3 milliards de dollars, a publié ces chiffres en accord avec le gouvernement américain.
    Si de l’autre côté de l’Atlantique cette révélation va encore détériorer l’image d’AIG auprès des américains, il faut noter qu’en Europe, le plan de sauvetage a permis à une quinzaine d’établissements bancaires de garder la tête hors de l’eau.

    Quelques heures après cette annonce, l’assureur a enfoncé le clou et a du reconnaître que des bonus d’un montant total de 450 millions de dollars allaient être versé aux dirigeants qui ont mis l’assureur en difficulté. Car les bénéficiaires seraient, selon le « Wall Street Journal » repris par Les Echos, les dirigeants de la filiale anglaise AIG Financial Product, principaux responsables de la quasi faillite de l’assureur avec la vente de produits destinés à couvrir les investissements sur des crédits.
    Le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner a d’ores et déjà demandé que les modalités de versements des primes et bonus soient recalculés pour les années à venir. Toujours selon Les Echos, les primes pourraient se monter à un total de 1,2 milliard de dollars au titre des années 2008 et 2009.

    (Avec AFP)

    Les Echos