AIG : De la crise financière à la crise politique ?

Le gouvernement et les institutions américaines sont de plus en plus destabilisés par le dossier AIG. L’assureur a tant révolté l’opinion avec ses révélations sur l’utilisation des fonds publics reçus que Timothy Geinthner, secrétaire américain au Trésor, et l’administration de Barack Obama sont éclaboussés par un scandale au retentissement national.

Depuis quelques jours, l’opinion publique américaine est remontée contre AIG. Après avoir reçu près de 170 milliards de dollars, l’assureur, qui s’apprête à obtenir une rallonge de 30 milliards, a détaillé l’utilisation des fonds provenant des contribuables.

Si les versements à des institutions financières ont été assez bien acceptés, le contribuable américain n’a pas apprécié de voir « son » argent partir dans la poche de ceux qui avaient causés cette faillite. En quelques jours, la contestation populaire est devenue politique et c’est toute la gestion du dossier AIG qui est reprochée au gouvernement et en premier lieu le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner.

Le 17 mars, l’équivalent de notre ministre des Finances a donc annoncé vouloir « travailler sur des mesures pour liquider AIG de manière ordonnée et pour protéger le contribuable américain ».
Après les sorties des sénateurs et représentants de tous bords politiques pour dénoncer la gestion du dossier et surtout le fait que le gouvernement laissait les fameux bonus être distribués, toute l’administration Obama s’est retrouvée touchée par le scandale.

AIG, nouvelle cible de la vindicte populaire

Le président, en pleine présentation de son budget et des mesures d’aides pour les petites entreprises, a été obligé de réitérer sa confiance en M. Geithner et a demandé d’employer tous les moyens légaux pour bloquer les primes et recouvrer l’argent.
L’Etat, propriétaire à 79,9% de l’assureur, a d’ores et déjà commencé à vendre des actifs de la société pour rembourser les prêts accordés. Les activités, largement recentrées sur les Etats-Unis sont limitées à l’assurance. Mais cela ne suffit pas encore.

L’affaire des primes et bonus, qui n’ont eu pour effet que de faire partir les dirigeants mis en cause, continue de secouer la confiance du pays dans son secrétaire au Trésor. Des sénateurs avaient même eu l’idée de voter une loi pour obliger AIG à rembourser les primes versées.
Finalement, M. Geithner a soustrait les 165 millions de dollars de primes douteuses à la dernière aide de 30 milliards de dollars octroyée par le gouvernement.

AIG est devenue la cible privilégiée des médias et des politiques, qu’ils soient de l’administration Obama, des camps Démocrates ou Républicains. Mais c’est surtout le peuple américain qui est en colère. Selon les agences de presse, le siège de l’assureur recevrait à longueur de journées courriels et coups de téléphones d’insultes.

(Avec AFP)