Adopté par la majorité des Français, le dispositif du médecin traitant favorise la prévention

    Janvier 2005, la convention médicale met en place le médecin traitant. Ce nouveau dispositif prend rapidement sa place dans la vie des assurés, un an plus tard en janvier 2006, 70% des patients ont déclaré leur médecin traitant.

    La même année le parcours de soins coordonnés s’enrichit avec la décision des représentants des médecins libéraux et de l’Assurance Maladie de mettre la prévention au cœur du dispositif. Ils retiennent cinq thèmes prioritaires de la loi de santé publique1 : la prévention des risques médicamenteux chez les personnes âgées, la prévention des risques cardio-vasculaires avec en premier lieu le suivi des patients diabétiques, le dépistage du cancer du sein pour les femmes à partir de 50 ans, la prévention des facteurs de risque de la grossesse et l’obésité chez les jeunes.

    Pour développer cette dimension prévention, la convention médicale fixe également des objectifs de progression collectifs pour trois thèmes : un taux d’au moins 75% pour la vaccination antigrippale, un taux de 80% pour le dépistage du cancer du sein, la diminution de certaines prescriptions sensibles (les benzodiazépines à demi-vie longue et les vasodilatateurs) pour prévenir les risques de iatrogénie médicamenteuse chez les personnes âgées.

    Mi-2007 80% des assurés (43 millions de personnes) ont choisi leur médecin traitant. A nouveau, la convention médicale renforce l’action de prévention des médecins traitants en instaurant une déclinaison individuelle2 des objectifs collectifs pour la vaccination antigrippale et le dépistage du cancer du sein. En effet, la définition d’une patientèle rattachée à un médecin traitant permet d’apprécier l’impact des actions de prévention.

    Fin 2008, 85% des assurés ont choisi un médecin traitant et le dispositif a permis d’enregistrer de réels progrès en termes de prévention :
    – prévention de la iatrogénie médicamenteuse : entre le 1er semestre 2006 et le 1er semestre 2008 le nombre de personnes de 65 ans et plus traitées avec des benzodiazépines à demi-vie longue a diminué de 7,8% (20 000 personnes) ; pour les vasodilatateurs la baisse atteint 18% (100 000 personnes).

    – vaccination antigrippale : le taux de couverture vaccinale des personnes de 65 ans et plus ayant déclaré leur médecin traitant a atteint 67% (contre 63% pour l’ensemble).

    – dépistage du cancer du sein : le taux de dépistage des femmes concernées ayant déclaré un médecin traitant a progressé de 4 points : il est passé de 66% en 2006 à près de 70% sur la dernière période évaluée (janvier à juin 2008).

    Ces résultats positifs recouvrent néanmoins une situation hétérogène avec de fortes disparités géographiques et par professionnel. Ainsi, dans certains départements le taux de dépistage du cancer du sein est compris entre 76 et 82% alors que dans d’autres il est compris entre 57 et 63%.

    Parallèlement on observe une importante variation de taux de dépistage des femmes en fonction de leur médecin traitant : 34% des médecins ont un taux d’au moins 76% de leur patientèle dépistée pendant que 10% des médecins en ont moins de 51%.

    En 2009, pour continuer à faire progresser les pratiques, l’Assurance Maladie va proposer aux médecins généralistes, qui le désirent, de s’engager personnellement dans une démarche de santé publique sur leur patientèle. Les thèmes choisis pour le contrat d’amélioration des pratiques individuelles sont les mêmes que ceux déjà retenus par la convention médicale : prévention, dépistages et suivi des malades chroniques, auxquels s’ajoute un axe optimisation des prescriptions avec, en particulier, l’utilisation plus fréquente de médicaments disposant d’un générique.

    1 Loi de santé publique d’août 2004
    2 Avenant 23 à la convention médicale publié au JO du 3 mai 2007