Acquisition : SMABTP repasse à l’offensive sur STE

Suite au recours de Chuc Hoang contre son OPA sur la foncière Société de la Tour Eiffel (STE), l’assureur mutualiste SMABTP entend bien prouver que cette procédure est infondée. La Cour d’appel de Paris décidera le 9 avril prochain si l’option publique d’achat est suspendue ou non.

Devant le recours déposé vendredi 14 mars par Chuc Hoang (actionnaire à 29% de Société de la Tour Eiffel) contre l’autorisation d’offre publique d’achat de SMABTP sur la foncière STE, l’assureur mutualiste passe à son tour à l’offensive. Selon Les Echos, pour éviter la suspension de l’OPA, SMABTP “compte bien démontrer que le recours déposé contre le feu vert de l’AMF est infondé”.

Chuc Hoang avait indiqué que l’assureur mutualiste – conformément au Code des assurances et à ses propres statuts – ne pouvait pas être actionnaire majoritaire d’une foncière cotée, et par conséquent ne pouvait pas faire d’OPA. Pourtant, comme le rappelle le quotidien économique, SMABTP a déjà détenu des participations majoritaires ou importantes dans des sociétés cotées (95% de l’Union Internationale Immobilière, 32% d’Immobail, 25% de Sogeparc…) sous le contrôle de l’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Quoiqu’il en soit, SMABTP n’est pas pressée par le temps. “Nous faisons là un placement de 180 à 200M, sachant que nous gérons une vingtaine de milliards, ce n’est pas un opération stratégique”, explique Hubert Rodarie, directeur général délégué de SMABTP, dans Les Echos. “Ce recours est infondé, on ne peut que s’interroger sur ses intentions ”. Enfin, l’assureur mutualiste avait précisé que s’il devenait actionnaire majoritaire, il n’excluait pas de souscrire à une augmentation de capital de la foncière. “L’an dernier, elle a dû se désendetter en cédant pour 190M d’euros d’actifs. La valeur de son patrimoine immobilier est tombée de 915 à 700M d’euros en un an et elle a fini 2013 sur un résultat net négatif de 2M d’euros”, précise le journal économique. L’enseigne avait enregistré 6M de perte nette en 2012.

La Cour d’appel de Paris devrait entendre l’ensemble des protagonistes le 9 avril prochain et décider, ou non, de geler l’OPA, la suspension pouvant aller de 6 à 18 mois sans la garantie que l’acquisition soit finalement autorisée.