Acquisition : Bataille boursière autour de Foncière Paris

Foncière Paris France, objet d’une offre publique d’achat hostile des assureurs Allianz et Covea, a établi mercredi un contre-feu, en proposant de racheter jusqu’au quart de son capital, à des conditions financières supérieures à celles proposées par ses assaillants.

 La compagnie foncière s’est dite prête à lancer une offre publique de rachat d’actions (OPRA) sur 25% de ses titres, au prix unitaire de 117 euros. Allianz et Covea, dont l’offre a de nouveau été jugée insuffisante par Foncière Paris France, proposent pour leur part 100 euros par action.

« Notre société est l’objet de beaucoup d’intérêt. Sa bonne santé fait des envieux. Mais il n’est pas normal de vouloir l’acquérir à un prix extrêmement décoté parce que les marchés sont dans une situation délicate », a déclaré à l’AFP son président Jean-Paul Dumortier qui l’a créée en 2005.

L’action Foncière Paris France, qui avait clôturé mardi à 101,99 euros à la Bourse de Paris, bondissait en milieu de matinée de 6,87%, à 109,00 euros.

Le prix offert par le groupe sur ses propres actions est supérieur de 17% à celui proposé par ses assaillants mais reste inférieur de 13,5% au prix expertisé de l’actif net réévalué au 30 juin (135,19 euros/action).

« L’opération proposée, financée sur notre trésorerie, est une excellente opération pour les actionnaires qui décideraient de vendre et pour ceux qui resteraient », affirme M. Dumortier qui souligne la qualité du portefeuille de bureaux et locaux d’activité, situés à Paris et dans sa banlieue et occupés à 93%, avec « peu de volatilité » car pratiquant des loyers raisonnables.

L’OPRA coûterait au groupe 52,6M d’euros, selon un communiqué. En dépit de cela, il affirme que sa structure financière restera solide à l’issue de l’opération, avec un endettement net représentant moins de 40% de la valeur de son patrimoine (contre 30% à la fin de cette année).

Foncière Paris France a également proposé de relever de près de 9% le dividende servi à ses actionnaires au titre de 2011, à 6,25 euros.

Le projet de rachat d’une partie du capital sera soumis aux actionnaires lors d’une assemblée générale extraordinaire, prévue le 8 décembre.  

Le conseil d’administration de la foncière s’est montré unanime dans son rejet de l’offre d’Allianz et Covea, à l’exception du représentant de Cofitem-Cofimur, un société commune aux deux assureurs.  

Allianz et Covea, par le biais des sociétés Paris Hôtels Roissy Vaugirard (PHRV) et Cofitem-Cofimur, s’étaient engagés le 7 octobre à acquérir la totalité des actions de la foncière qu’ils ne détiennent pas.

PHRV détient déjà 5,85% du capital de Foncière Paris France, une part qui grimpe à 24,37% en ajoutant les parts de Cofitem-Cofimur. Le capital de PHRV est détenu par Allianz (31,4%), Covéa (31,4%) et Cofitem-Cofimur (31,1%).

Foncière Paris France avait déjà fait l’objet de la convoitise de sa concurrente Foncière des Régions (FDR), première société foncière de bureaux en Europe. Mais cette dernière avait renoncé le 5 septembre à aller de l’avant, à cause des « conditions de marché ».

La crise, avec un accès moins facile au crédit accordé par les banques, devrait entraîner un regroupement « assez logique » de la cinquantaine de sociétés foncières françaises, reconnaît M. Dumortier, par ailleurs président de la Fédération des sociétés immobilières et foncières (FSIF). Mais à condition, selon lui, de payer le juste prix.

Paris, 16 novembre 2011 (AFP)