Accord Generali/Crédit Agricole sur Intesa n’a “aucune raison fonctionnelle”

    L’accord entre Generali et le Crédit Agricole sur la banque italienne Intesa Sanpaolo a été signé pour “rendre service” à la banque française et n’a “aucune raison fonctionnelle”, a déclaré vendredi le président de l’assureur italien, Antoine Bernheim.

    “C’était un accord occasionnel pour rendre service au Crédit Agricole. Cela n’avait aucune raison fonctionnelle”, a assuré M. Bernheim à la presse, en marge du Forum Ambrosetti, qui réunit sur les bords du lac de Côme (nord de l’Italie) des personnalités économiques et politiques.

    En avril, au moment de la signature de l’accord, M. Bernheim avait déjà indiqué que l’accord avait “été demandé par la banque française pour détenir une position plus forte au sein d’Intesa”. A travers ce pacte, Crédit Agricole et Generali, qui détiennent respectivement 5,07% et 5,82% de la banque, voulaient agir de concert au sein des organes dirigeants d’Intesa Sanpaolo. Il permettait par ailleurs à la banque française de ne pas déprécier sa participation.

    Après le rejet de cet accord par l’autorité de la concurrence, les deux groupes ont annoncé un nouvel accord fin juin, lui aussi rejeté par l’Antitrust car il ne garantissait toujours pas, selon cette instance, “la nécessaire indépendance entre le Crédit Agricole et Intesa Sanpaolo”.

    Intesa Sanpaolo, qui s’était engagée vis-à-vis de l’Antitrust à ce que le Crédit Agricole réduise sa part et n’intervienne pas dans la gouvernance, en échange du feu vert à la fusion entre Banca Intesa et San Paolo Imi fin 2006, risque une amende comprise entre 500 millions et 5 milliards d’euros.
    Début août, l’autorité de la concurrence a repoussé jusqu’à début 2010 le terme de la procédure lancée contre Intesa Sanpaolo, accordant ainsi un nouveau délai afin de trouver une solution.

    M. Bernheim, qui fêtait vendredi ses 85 ans, a assuré par ailleurs qu’il ne savait “rien” quant à son avenir à la tête de Generali. En avril, il avait annoncé qu’il ne se représenterait pas pour être président en 2010 tout en laissant la porte ouverte à un nouveau mandat si les actionnaires le souhaitaient.

    AFP