A peine sorti de la crise, Axa part à l’offensive sur les marchés émergents

Axa est repassé à l’offensive lundi en annonçant une augmentation de capital de deux milliards d’euros pour racheter la totalité de sa filiale asiatique et financer d’autres acquisitions, signe que l’assureur a tourné la page de la crise.

“Nous souhaitons prendre une posture offensive”, a expliqué le président du directoire Henri de Castries, qui juge que “l’environnement macroéconomique semble se stabiliser” et que “c’est le bon moment” pour agir.

Aux termes d’une opération complexe, Axa veut scinder sa filiale Axa Asia Pacific Holdings (APH) en deux, pour ne conserver que la partie asiatique dont elle va prendre le contrôle total. Elle cèdera, en revanche, ses activités en Australie et Nouvelle-Zélande à l’assureur australien AMP.

L’offre a, dans un premier temps, été rejetée par les administrateurs indépendants d’Axa APH, qui sont minoritaires car Axa détient déjà 54% de cette filiale. “Les discussions se poursuivent et Axa pourrait proposer une offre plus haute”, a déclaré à l’AFP une source proche du dossier.

La facture nette de l’ensemble se monte à 1,1 milliard d’euros environ pour Axa. Une manoeuvre qui “nous permet de nous concentrer sur les marchés asiatiques en assurance vie, qui sont des marchés de forte croissance”, a déclaré M. de Castries.

Cette annonce a été bien accueillie par les marchés, l’action Axa grappillant même quelques centimes en fin de séance lundi.

Les analystes ont salué “une bonne opération d’un point de vue stratégique”, a souligné l’un d’entre eux, sous couvert d’anonymat Encore peu présent en assurance-vie et épargne sur ces fameux marchés asiatiques à forte croissance, Axa va pouvoir “augmenter sensiblement” son implantation, pour les analystes de CM-CIC Securities.

Le solde de l’augmentation de capital de deux milliards annoncée lundi doit d’ailleurs servir à d’autres acquisitions sur des zones de croissance soutenue, notamment l’Europe de l’Est. Axa a ainsi indiqué qu’il négociait avec la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) le rachat de participations minoritaires dans des filiales d’Europe de l’Est, pour plusieurs centaines de millions d’euros. “Nous avons émergé renforcés de cette crise et nous voulons être en mesure de saisir les opportunités qui se présentent”, a expliqué M. de Castries.

Axa a, en effet, largement rebondi après avoir souffert en fin d’année dernière. En perte de plus d’un milliard d’euros au deuxième semestre 2008, l’assureur payait alors l’effondrement des marchés et les mauvais chiffres de sa filiale américaine AllianceBernstein.

Depuis, le groupe a largement profité du rebond des marchés et du redémarrage de l’assurance vie, même si les marchés américain et britannique restent nettement en retrait.

Pour M. de Castries, “Axa a bien résisté à la crise financière” et présente un modèle d’activité “qui a fonctionné de manière efficace”.

Une fois concrétisés les projets d’acquisition annoncés, l’assureur pourrait même rester en chasse. “Nous pensons qu’il y aura, dans les trimestres qui viennent, un certain nombre d’opportunités, notamment dans les pays émergents”, a indiqué M. de Castries.

Très orienté à l’est, Axa n’a, en revanche, “pas d’intérêt” pour les actifs britanniques qui vont être cédés par la banque en difficulté RBS. Quant au néerlandais ING, qui va vendre son activité d’assurance sous la contrainte de Bruxelles, le patron de l’assureur français a jugé “prématuré de se prononcer”.

Selon un analyste, plusieurs actifs d’ING en Europe de l’Est ou en Asie pourraient intéresser Axa.

Paris, 9 nov 2009 (AFP)