Interview : “Nous allons nous battre sur l’ANI”, Maurice Ronat, FNMI

L’ANI, la modification du Code de la Mutualité, l’encadrement des dépassements d’honoraires ou encore Solva II, beaucoup de chantiers se préparent et les mutuelles interprofessionnelles s’interrogent quant à leur avenir.

Quelles sont les grandes  préoccupations de la FNMI ?

L’ANI, tout d’abord. Nous cherchons à voir comment il est possible de permettre à nos mutuelles de continuer à tenir leur place sur le marché de la complémentaire santé. Beaucoup de personnes concernées par l’ANI sont adhérentes de nos mutuelles. Notre inquiétude est donc claire. Quelques mutuelles vont pouvoir concourir pour les appels d’offre au niveau des branches. Nous avons eu la bonne idée, il y a trois ans, de créer Mutex (dont cinq de nos plus grosses mutuelles font partie) qui va permettre de répondre aux appels d’offre. Il y aura aussi des unions de groupe qui permettront aux mutuelles  qui ne peuvent accéder à ces marchés collectifs de s’associer à d’autres, afin d’être plus fortes. Il est vrai que les IP, grâce à leurs rapports étroits avec les partenaires sociaux, sont bien positionnées sur la ligne de départ pour cet ANI, mais à nous de nous battre. L’un des points forts des mutuelles est d’être présentes sur les territoires. Nous avons beaucoup d’agences et des contrats peuvent être gagnés grâce à nos relais locaux.

Quel est l’avenir des mutuelles en France ?

Il y a quelques années, il y avait 7.000 mutuelles sur le marché, aujourd’hui, il y en a une petite centaine. Demain, elles seront moins nombreuses mais couvriront plus largement le territoire.

Avez vous déjà estimé la volatilité de vos portefeuilles avec la mise en place de l’ANI ?

Certaines mutuelles l’ont estimée à 20 % mais il y a des mutuelles qui font 100 % d’individuel et, là, ça va être compliqué pour elles. Le groupe Eovi que je dirige fait 60 % de collectif et 40 % en individuel,donc nous avons une chance de nous en sortir. Nous sommes au départ d’une course d’obstacles et il ne faut pas chuter.

Un autre chantier se prépare en  2013 avec la modification du Code la Mutualité pour permettre aux mutuelles de conventionner avec des ré- seaux de soins. Avez-vous bon espoir que cela aboutisse ?

Rien n’est fait. Le texte a été voté à l’Assemblée nationale, j’attends que le Sénat se positionne mais je tiens à dire que je déplore le climat de défiance qu’il y a entre certains professionnels de santé et la Mutualité. De fait, la loi sur les réseaux de soins et l’encadrement des dépassements d’honoraires piétinent.

A propos de Solvabilité II, où en êtes-vous ?

Les mutuelles ont fait de gros efforts sur la gouvernance et sur  les piliers 1, 2 et  3 ainsi que sur les comités d’audits. En ce qui concerne les ratios de couverture du risque c’est plutôt correct. Solvabilité II nous pousse à travailler différemment et nous nous sommes mis en ordre de marche.